IMG_2272 Aa.jpg

Gabriel Munoz Moreno a été le lauréat de la catégorie « Architecture et problématique de la montée du niveau des océans » du Concours international d’architecture de la Fondation Jacques Rougerie – Institut de France en 2015 avec son projet « Re-Generator ». Il est aujourd’hui un étudiant de la Harvard Graduate School of Design (GSD) et travaille entre Boston et Madrid. Son champ d’intérêt comprend des projets architecturaux et conceptuels aux échelles différentes, avec comme objectif de développer un design pour le bénéfice des habitants, mais également de l’environnement. Pour que ce développement soit durable, et pour créer une relation équilibrée entre l’environnement naturel et social, il « traduit » des théories de systèmes dans un langage architectural, urbanistique et constructible pour offrir de nouvelles opportunités aux futures générations. 

Il a répondu à quelques questions pour donner des conseils aux participants de cette année et pour les encourager à ne jamais abandonner leurs rêves.      

Comment avez-vous connu notre Concours international d’architecture ? 

J’ai connu la Fondation grâce aux projets qu’elle valorise. J’ai beaucoup appris à partir de ces travaux dès le début de mes études en architecture à Madrid. La Fondation récompense les projets qui intègrent l’architecture dans un environnement naturel existant et qui apportent des réponses aux défis actuels à travers notamment le design.      

C’est un peu naïf, mais je crois que le meilleur moyen de stimuler votre imagination et de créer quelque chose d’innovant et original est d’être honnête avec vous-même.

Est-ce que vous avez créé votre projet spécialement pour le concours ou bien c’était une idée que vous aviez déjà eu auparavant ? 

Cela se rapproche de ce que j’ai développé pour ma thèse à l’Université San Pablo CEU à Madrid. L’idée de créer une architecture qui « travaille » pour son environnement naturel, berceau de notre société, est née de l’observation de notre environnement bâti. Nous sommes habitués à imposer nos besoins aux conditions préexistantes, mais je crois que l’environnement bâti peut s’adapter et trouver sa place sur Terre sans la détruire. Plus précisément, je me suis concentré sur la protection des zones humides de Hangzou (Chine) pour non seulement les utiliser mais pour créer une infrastructure qui protégerait nos villes de la montée des eaux, mais aussi sauverait notre héritage naturel et économiserait les ressources naturelles qu’elle nous fournit.    

Pourquoi avez-vous choisi la catégorie « Architecture et problématique de la montée du niveau des océans » 

Je suis persuadé que la montée du niveau des océans est le plus grand défi auquel notre société doit faire face aujourd’hui. L’environnement bâti comme nous le connaissons aujourd’hui, ne donne pas de solutions pour ce problème. En même temps, quelques initiatives existent aux Pays-Bas par exemple, où des ouvrages (représentés par les œuvres de Delta et Zuiderzee) protègent les villes des forces de la mer. Ces infrastructures impliquent un effort supplémentaire, peu applicable selon les régions touchées par la montée des eaux en raison de leurs particularités géographiques et économiques. D’un point de vue général, j’ai conçu un principe alternatif pour protéger nos habitats de manière plus efficace.        

Le développement du projet a pris beaucoup de temps ? Qu’est ce qui était le plus difficile dans ce projet ? Racontez-nous comment le « Re-Generator » a était « généré » ?   

Il m’a fallu presqu’un an pour développer le projet. Heureusement, j’ai eu la chance de voyager et de travailler dans des environnements qui m’inspiraient pour continuer à développer le projet. Le plus difficile a été de commencer et de conceptualiser le design définitif qui n’avait rien à voir avec le brouillon initial. La problématique d’une ville « consommant » des sols humides, si précieux, m’a mené au développement d’un système constructif relevant le défi de créer un refuge pour la population en augmentation croissante, en protégeant et recouvrant ces sols humides. La protection des sols humides apporte beaucoup d’avantages à l’environnement bâti en l’aidant à résister à la montée des eaux et en fournissant des ressources pour les résidents de « Re-Generator ». 

Découvrez les visuels de « Re-Generator » et la description du projet en vous rendant sur le site de la Banque de données internationale de la Fondation Jacques Rougerie. 

 

Vous attendiez-vous à gagner le concours ou c’était plutôt une surprise ? Quelle a été votre réaction quand vous avez appris le résultat ? 

Je ne m’y attendais pas du tout ! J’ai toujours admiré le nombre des participants au concours et la qualité de leurs projets. En fait, la Fondation m’a appelé pour annoncer le résultat, mon portable avait une mauvaise connexion. Lors de la conversation j’ai compris qu’il fallait préparer une vidéo pour mon projet. J’ai cru que j’étais l’un des finalistes et j’en étais ravi ! Mais un mois plus tard j’ai posé une question à propos de ma vidéo, et ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai compris qu’on m’avait demandé d'en faire une  parce que j’avais gagné le prix ! 

L’architecture est une langue pour moi, et tout ce qui me permet de m’exprimer pour améliorer notre société, sera un bon plan pour moi.

Comment cette victoire a-t-elle change votre vie ? 

Ce prix m’a donné des ressources pour faire mes études là où j’avais toujours voulu le faire et pour travailler avec des gens merveilleux. En même temps, il m’a aidé à gagner en confiance pour développer une réflexion holistique nécessaire pour développer des projets à l’échelle internationale qui vont dans le même sens que mon projet récompensé. 

Pourquoi est-il si important d’organiser de telles compétitions aujourd’hui ? 

Je crois que faire appel aux jeunes talents à l’échelle internationale peut permettre de résoudre des problèmes majeurs de notre société. Le concours vise à pré-concevoir les problèmes écologiques du demain et ce qui est même plus important, de les anticiper. Au niveau personnel, c’est une belle opportunité pour les architectes, ingénieurs et designers de promouvoir leurs projets à l’échelle internationale et de contribuer au développement d’innovations passionnantes.   

Est-ce que vous allez participer au concours une nouvelle fois ? Quels sont vos projets au niveau académique et professionnel ? 

Pourquoi pas! Je vais continuer à travailler sur de nouveaux projets. Je ne fais pas souvent de plans, mais je voudrais appliquer mes compétences au niveau professionnel et avoir plus d’expérience pour après enseigner aux futures générations d’architectes. L’architecture est une langue pour moi, et tout ce qui me permet de m'exprimer pour améliorer notre société, sera un bon plan pour moi.  

Quel conseil pourriez-vous donner aux participants de cette année ? Avez-vous une sorte de « recette du succès » en tant que lauréat à partager avec eux ? 

Je leur conseillerais de travailler dur et poursuivre leurs rêves, défier leur imagination et créer ce qui les rend heureux. J’ai souvent des moments où je ne suis pas satisfait de ce que je fais, et la seule solution est de continuer à essayer, continuer à dessiner, à réfléchir. Travaillez à votre propre rythme,  suivez votre propre agenda et votre vision d’un monde meilleur. C’est un peu naïf, mais je crois que le meilleur moyen de stimuler votre imagination pour créer quelque chose d’innovant et original est d’être honnête avec vous-même.       

Comment