Aujourd’hui, l’astronaute française Sophie Adenot a rejoint la Station spatiale internationale (ISS), devenant la deuxième femme française à partir en mission vers l’espace. Son départ intervient à un moment charnière de l’histoire spatiale : l’ISS vieillit, sa fin programmée se profile à l’horizon de la prochaine décennie, et la question de son remplacement est désormais pleinement posée.
Cette transition soulève un enjeu majeur : quelle architecture pour les futures stations spatiales ? Comment concevoir des habitats capables d’assurer protection, autonomie, santé et bien-être sur le long terme ?
Depuis plusieurs années, la Fondation Jacques Rougerie – Académie des beaux-arts place ces interrogations au cœur de son Concours International d’Architecture et d’Innovation. Le jury du Prix Espace réunit notamment deux figures majeures de l’exploration spatiale : Claudie Haigneré, première femme européenne à être allée dans l’espace, et Jean-François Clervoy, vétéran de missions spatiales internationales.
Leur engagement au sein du jury traduit une conviction forte : l’exploration spatiale ne peut être uniquement technologique. Elle doit intégrer une réflexion architecturale, environnementale et profondément humaine.
Placer l’humain au centre du spatial implique de penser la gravité artificielle, la protection contre les radiations, l’autonomie énergétique et alimentaire, mais aussi le confort, la culture et l’expression artistique. On se souvient que Thomas Pesquet avait emporté son saxophone en orbite, rappelant que la création accompagne toujours l’exploration. Demain, quelles formes culturelles, artistiques ou architecturales contribueront à l’équilibre psychologique des équipages engagés dans des missions de longue durée ?
L’espace, comme le monde sous-marin, constitue l’un des grands horizons explorés par la Fondation. À travers une approche pluridisciplinaire conjuguant arts, sciences et technologies au service du vivant, elle accompagne une nouvelle génération de créateurs présents sur les cinq continents, capables d’imaginer les cadres de vie actuels et futurs — sur Terre, dans l’océan et au-delà.